Le manque de motivation n’est pas un motif de licenciement

À travers le licenciement, l’employeur décide unilatéralement de rompre le contrat de travail du salarié. Les causes invoquées peuvent être disciplinaires ou personnelles. Cette décision doit toutefois reposer sur des motifs concrets et juridiquement valables. Dans le cas contraire, l’entreprise s’expose à des contestations légitimes de la part de l’employé.

Justificatifs de licenciement

Selon la législation française, l’employeur est tenu de mentionner des motifs sérieux et vérifiables dans la lettre de licenciement d’un salarié. Ils peuvent être d’ordre disciplinaire ou personnel. Logiquement, dans le premier cas, les causes de licenciement varient en fonction du règlement intérieur de l’entreprise. Outre les règles en vigueur au sein de l’établissement, ce document définit généralement les fautes graves et les cas de figure entraînant un renvoi.

En revanche, les motifs personnels et non disciplinaires sont rarement aussi évidents. De ce fait, l’employeur peut parfois être tenté d’invoquer ce genre de raison pour justifier un licenciement. C’est par exemple le cas pour le manque de motivation ou de dynamisme d’un employé. Pourtant, il ne s’agit pas d’une cause réelle et sérieuse de licenciement.

Il se peut aussi que l’employeur décide de définir le manque de motivation comme une forme d’insuffisance professionnelle pour justifier le licenciement. Toutefois, ce motif est strictement encadré par le Code du travail. L’expression « insuffisance professionnelle » s’utilise uniquement si le salarié ne dispose pas des compétences nécessaires pour effectuer le travail pour lequel il a été embauché. Dans ce cas, il peut être licencié et aura droit à une indemnité de licenciement pour motif personnel.

Bien analyser les motifs de licenciement invoqués

Même si cette attitude peut être désagréable, le manque de motivation ne représente en aucune façon un motif de licenciement juridiquement pertinent. L’employeur mécontent invoque parfois l’insuffisance professionnelle pour justifier cette décision. Toutefois, le manque de motivation ne figure pas dans cette catégorie.

D’autre part, l’insuffisance professionnelle, un motif bien défini par le Code du travail, ne doit pas être confondue avec l’insuffisance de résultat. Ce genre de problème doit être géré en interne et ne constitue pas une cause de licenciement sérieuse. Il en est de même pour le manque de dynamisme, de créativité, d’imagination, etc.

Cependant, si le salarié fait preuve d’une mauvaise foi affectant le bon fonctionnement des activités de l’entreprise, l’employeur a la possibilité de le licencier en raison des pertes générées par son comportement.

En somme, il est impératif d’analyser minutieusement les motifs invoqués par l’employeur avant de lancer une procédure de contestation. Le manque de motivation en lui-même ne constitue pas une cause suffisante pour justifier un licenciement.

Toutefois, si cette attitude altère la productivité de l’entreprise, l’employeur est dans son droit. Il vaut mieux alors faire appel à un avocat spécialisé en droit du travail pour évaluer la situation.

Pour plus d’information sur le manque de motivation et le licenciement : https://www.legiest.fr/

Auteur de l’article : AFCDP